Lisez un texte sur la réduction du temps de travail et ses effets dans l’entreprise. Le quiz vérifie la compréhension du débat social, du vocabulaire professionnel et des expressions liées au travail.
Le pari des 35 heures

Le processus de réduction du temps de travail n’est pas nouveau : il a commencé en 1814 avec le chômage des dimanches et des jours de fête catholiques. La journée de huit heures date de 1919, alors que la revendication était apparue dès 1880. En 1936, les salariés ont eu droit à douze jours ouvrables de congés payés. Aujourd’hui, la législation sur la durée du temps de travail est de trente-neuf heures hebdomadaires et accorde cinq semaines annuelles de congés payés.
Le projet du gouvernement actuel est de réduire à trente-cinq heures la semaine de travail, et ce sans perte de salaire. D’après ce texte de loi, cela devrait être instauré dès le 1er janvier 2000 pour les entreprises de plus de 200 salariés et au 1er janvier 2002 pour les autres. Toutefois, les dirigeants qui souhaiteraient passer à ce temps de travail avant la date prévue bénéficieraient de primes.
L’objectif du gouvernement est une diminution du chômage et une relance de la consommation. En effet, on exigera certainement des salariés qu’ils aient une meilleure productivité, mais celle-ci ne devrait compenser, selon les économistes, que la moitié du manque à gagner engendré par le passage aux trente-cinq heures. Il faudra donc bien embaucher pour combler l’autre moitié. Moins de chômeurs et plus de temps libre paraissent idéaux pour inciter les Français à consommer plus.
Mais le patronat ne l’entend pas forcément de cette oreille. Si certains chefs d’entreprise ne seraient pas contre cette loi à condition qu’elle soit accompagnée d’un abaissement des charges sociales, les instances dirigeantes du C.N.P.F., elles, s’y opposent avec force.
Cette opposition est telle que le président du C.N.P.F. a changé : l’ancien a démissionné car, selon ses propres déclarations, il ne se sentait pas l’âme du « tueur » qu’il faut être pour contrecarrer le projet du gouvernement. Au sein même de cette organisation, cette tendance dure est quelquefois considérée comme rétrograde.
Les Français, eux, sont assez partagés. Certains disent : « Pourquoi ne pas essayer ? » D’autres pensent qu’il s’agit d’une utopie. Tout cela promet encore de belles discussions à l’Assemblée nationale, au Sénat, dans les organisations syndicales et dans les bars.


