SUR LE FIL ...
Comme Brest dans le Finistère, en raison de l’intérêt stratégique de sa rade, Lorient devint, dans le Morbihan, un port militaire doté d’un arsenal et d’une base sous-marine. Comme Brest, Lorient fut détruite pendant la dernière guerre mondiale et reconstruite sans grâce : pas plus qu’à Brest, ce ne sont les charmes de l’urbanisme qui attirent les foules à Lorient – toutes amoureuses, au demeurant, des paysages environnants. Comme à Brest, des manifestations de portée internationale font affluer à Lorient des centaines de milliers de visiteurs : Brest prépare l’édition 2000 de ses gigantesques rassemblements de bateaux ; le port morbihannais vient de vivre, en août 99, un 29ème Festival Interceltique de Lorient (FIL) plus grandiose que jamais.
Le site internet Bretagne présente le FIL comme " le grand rassemblement annuel des créateurs des pays celtes. Chaque année, 4.500 d’entre eux convergent au mois d’août vers le port breton. Ils viennent d’Ecosse, d’Irlande, du Pays de Galles, de l’Ile de Man, de Cornouailles, des Asturies, de Galice et de Bretagne, mais aussi du monde entier. C’est la grande vitrine annuelle des pays celtes aux racines ancestrales, mais aussi un débordement de vie tourné vers l ‘avenir. Musiciens traditionnels, classiques, musiciens de folk, jazz ou rock, chanteurs, danseurs, peintres, sculpteurs, écrivains, cinéastes, conférenciers se succèdent sur les scènes, dans les rues ou sous les chapiteaux pour 260 manifestations auxquelles assistent plus de 300.000 spectateurs ".
Un festival vraiment pas comme les autres. Différent parce qu’il a misé sur " des cultures riches et anciennes, mais qui avaient le tort d’être minoritaires " ; différent aussi parce qu’il a opté pour " un concept ouvert, allant de toutes les familles musicales aux arts plastiques, en passant par la littérature et le cinéma ".
" Ouverture " est le maître mot, en effet. Le cercle de la famille celtique va s’agrandir et aller, au-delà des huit nations celtes fondatrices, vers l’Australie, l’Argentine, les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande, le Canada …
Le FIL a eu, entre autres mérites, celui de décloisonner les expressions musicales " sans les trahir, afin de parvenir à un enrichissement mutuel ". Alan Stivell, en précurseur, a fourni le modèle dès 1980, avec sa Symphonie celtique, mêlant orchestre classique et instruments traditionnels : un bagad breton (ensemble de cornemuses, de bombardes et de batteries), des percussions jazz, des guitares électriques, un joueur de sitar, des chanteurs kabyles et la harpe de Stivell.
Nombreux sont les compositeurs et groupes bretons à l’avoir suivi avec bonheur, intégrant les influences de leur temps pour mieux défendre leur patrimoine, enrichi de leurs compositions. " La tradition bretonne a une identité tellement forte qu’elle peut s’autoriser toutes les rencontres " : c’est une jeune chanteuse, Annie Ebrel, qui l’affirme, elle qui chante ses airs traditionnels dans des climats proches du jazz ou de la musique contemporaine.
" Comment peut-on être breton ? " interrogeait un journaliste du Télégramme de Brest. " En parlant la langue, sûrement, en vénérant les paysages du pays, sans aucun doute … mais aussi, tout simplement, en chantant, en dansant, en interprétant de la musique d’ici. Et dans ce domaine, le Festival interceltique de Lorient a joué un rôle plus qu’éminent. " Face aux inquiétudes suscitées par la mondialisation, les jeunes Bretons en quête de repères peuvent nourrir leur identité d’une musique riche, bien vivante et originale. Les milliers de jeunes qui, chaque été, viennent faire la fête à Lorient montrent que " c’est une émulsion mondiale qui prend forme ". Les médias nationaux ne s’y trompent guère : ce festival est devenu leur chouchou.
Pour en savoir plus, visitez le site du Festival Interceltique de Lorient
http://www.ouest-france.fr/fil/directfr/dir02.ht
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