M. Marc Cheymol coordonne le programme " Framonde " à l’Agence universitaire de la Francophonie, depuis 1996. Il travaille à la mise en réseau des départements de français dans le monde entier, en particulier sur Internet, afin de leur faciliter l’accès aux programmes de l’Agence et de stimuler l’enseignement du français et en français dans le monde par l’ouverture à la Francophonie. Les principaux outils de ce réseau sont le bulletin de liaison " Le français à l’université " et la communauté virtuelle Framonde : http://www.aupelf-uref.org/FRAMONDE .

Docteur d’Etat en littérature comparée, M. Cheymol a enseigné pendant de longues années la littérature française et comparée à l’Université Nationale Autonome de Mexico (1979-1988) et a coordonné les échanges universitaires de l’Institut Français d’Amérique latine (1988-1996).

Bonjour de Francophonie !

La francophonie est-elle une Utopie ?

Au sens propre, oui : c’est un lieu qui n’est nulle part. Car il est partout. Le français étant parlé dans le monde entier, les frontières de la francophonie se confondent avec celles de la planète et se recoupent parfois avec celles de la francophilie. Depuis Onésime Reclus, qui a forgé le terme à la fin du 19e siècle, elle se perçoit d’abord comme une communauté linguistique, ou plutôt, comme cette tendance qu’ont ceux qui parlent le français à se constituer en communauté (ce qui n’est pas forcément le cas pour d’autres langues réparties sous toutes les latitudes et toutes les longitudes).

Au sens figuré aussi : trop de gens donnent pour acquis, en France et ailleurs, que le français est appelé à disparaître à plus ou moins brève échéance, sous la pression d’une nouvelle lingua franca, l’anglais. La francophonie devient une utopie au sens valeureux de Thomas More : un idéal inaccessible, mais dont l’exemple est édifiant. Et qui mérite, éventuellement, qu’on le défende ; qui a ses croisés, ses missionnaires et ses martyrs. La langue –les linguistes vous le diront– représente une culture, donc des valeurs. Au-delà de la communauté linguistique, la francophonie valorise l’enseignement en français de disciplines de pointe, un environnement commercial, économique et médiatique francophone, bref, une francophonie globale. Face au rêve américain, elle rêve le français comme médiateur de civilisation, facteur d’intermédiation pour le développement des pays du Sud, grande langue de communication moderne et de dialogue international.

Au 19e siècle la francophonie avait été une forme de mondialisation ; à l’heure des grands regroupements géopolitiques modernes de cette fin de siècle, qui tendent à garantir des alternatives à la mondialisation sur un modèle unique, elle peut devenir un des atouts de la diversité culturelle du 21e, 22e ou 23e siècle.

La Francophonie, avec une majuscule, désigne alors la communauté politique constituée à l'origine des 21 États et gouvernements ayant signé la convention de Niamey, donnant naissance à l'ACCT (1970), qui regroupe aujourd'hui, dans le cadre de la Charte de la Francophonie, les 52 États et gouvernements des Sommets francophones. Ils adhèrent à un espace de solidarité fondé sur l'attachement à des valeurs communes et sur l'usage d'une langue partagée, dans le respect des identités culturelles de chacun.

Cette Francophonie se décline en de nombreuses institutions officielles, l’Organisation internationale de la Francophonie, dont le secrétaire général est M. Boutros Boutros Ghali, l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, qui a son siège à Paris, l’Agence universitaire de la Francophonie, qui a son siège à Montréal, l’Agence médiatique de la Francophonie qu’est TV5, l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, et bien d’autres qui mènent des actions pour transformer le rêve francophone en réalité, et que vous pourrez découvrir grâce aux liens que nous avons créés dans ce numéro de Bonjour de France !

Expolangues, dès janvier, met cette année à l’honneur la langue française et la francophonie, tandis que s’ouvrira à partir de mars à Paris une grande manifestation sur le Québec. 1999 verra aussi le 8e Sommet de la Francophonie se réunir en septembre : c'est Moncton au Nouveau-Brunswick, une province canadienne, qui en sera la ville hôtesse. Ce choix attire l'attention du monde entier sur la vitalité du peuple acadien qui a su lutter au fil des ans pour la survie de sa culture, de sa langue et de son patrimoine : mis à part le Québec, c'est au Nouveau-Brunswick que l'on retrouve la plus grande concentration de francophones au Canada.

À partir de ce numéro interactif, naviguez dans le cyberespace francophone, qui vous fera découvrir la variété de l’espace (réel) francophone.

Ainsi, le français à votre portée, ce n’est plus seulement le bonjour de la France, mais de toute la francophonie.

Marc Cheymol,

Montréal, décembre 1998

 

 QUELQUES LIENS

 - Agence intergouvernementale de la Francophonie

- Agence universitaire de la Francophonie 

- Assemblée parlementaire de la Francophonie 

- Site officiel du Sommet de Moncton

- TV5 

- Centre international pour le développement de l’inforoute en français (CIDIF)

- Sites Pays-Contacts de la Francophonie

- Communauté virtuelle des départements de français dans le monde

- Dictionnaire universel francophone en ligne

- Dossier multimédia de Hachette

- Revue Le français dans le monde 

- la Francophonie vue par le Gouvernement français

- Année francophone internationale

- Expolangues

- Radio France Internationale