DOLMENS ET MENHIRS

 

Vous connaissez Obélix ? On ne présente plus le couple qu’il forme avec son inséparable ami Astérix, héros armoricains tenant en respect les cohortes de César, dans le seul village de la Gaule ayant résisté à l’invasion romaine. Avec un peu d’aide d’une certaine potion magique…

 Notre ami " enveloppé " (ne dites surtout pas qu’il est gros : il déteste ça !) exerce la noble profession de tailleur de menhirs, et prétend se faire aider dans la livraison de ceux-ci par sa minuscule mascotte, le chien Idéfix . Vous vous souvenez ?

 Plaisanterie et bandes dessinée mises à part, savez-vous que " menhir " est un mot emprunté à la langue bretonne, qui signifie " pierre longue " ?

 Les mégalithes sont, en Bretagne, un important témoignage des civilisations anciennes. Ils ont été édifiés en Armorique (nom ancien de notre région) entre le Ve et le IIe millénaires avant notre ère, c’est-à-dire environ à l’époque de la construction des pyramides de Kheops ou de Kephren. Ils servaient de lieux de culte ou de sépultures.

 Le célèbre cairn de Barnenez, situé dans la baie de Morlaix, est une nécropole formée de onze dolmens (autre mot breton qui veut dire " table de pierre "). Les dolmens, que l’on trouve un peu partout en Bretagne, sont des monuments funéraires de construction complexe, avec couloir menant à des chambres, recouverts de terre formant un tumulus.

 Quant aux menhirs, certaines de ces pierres dressées atteignent les 100 tonnes et sont toujours un spectacle impressionnant. Leurs alignements, à Carnac, rivalisent en célébrité et en mystère avec ceux de Stonehenge. Ils attirent d’ailleurs des multitudes de touristes, passionnées mais parfois un peu saccageuses, et ont fait récemment l’objet d’une mesure de la part des autorités locales, qui ont décidé de les protéger derrière toutes sortes de grillages et miradors.

 Une foule de Bretons a alors pris fait et cause pour les géants minéraux, et c’est aux cris de " Libérez les menhirs !" (du nom de l’association créée pour la circonstance) qu’ils ont manifesté en cette fin d’année jusqu’à Paris – considérant que les édifices de protection sont de nature à défigurer un site qui craint bien moins, à leurs yeux, de l’invasion de ses amateurs.

 Couchés ou levés, ces blocs de granit sont un peu symboliques de la solidité qu’on attribue au caractère breton : vous avez sans doute entendu parler des " têtes de Bretons ", dures et… éprises de liberté !

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"Dessin de Nono paru dans le "Peuple breton" de février 99."


Vos réactions : Françoise Kerrien : kerrien.ciel@cci-brest.fr

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