Jacques Pécheur, que l'on ne présente plus, nous fait l'amitié et l'honneur d'animer cette tribune. Spécialiste de la situation du français dans le monde, il met en parallèle le football et notre langue.


Bienvenue en français sur la planète foot


Pendant un mois, le monde va vivre balle au pied, le regard dirigé vers la France qui accueille la Coupe du monde. Une formidable chance pour le français et une occasion de (re)découvrir l'image de notre pays.
Songez que 35 milliards de téléspectateurs, en audience cumulée, prendront place à bord de leur télévision.
Au français de reprendre la balle au bond : parce que le football, et le sport en général, touchent le public le plus large et sont, pour l'école, de vrais facteurs de motivation ; parce que le langage du football le rend lisible dans toutes les langues.
Là, un langage universel en rencontre un autre. Sur le terrain, le français comme le sport disent le rapprochement entre les hommes de toute origine, de toute appartenance. Et le stade de devenir le creuset où se fondent toutes les identités.
Mais le sport est aussi le creuset où les langues s'échangent et le français, en la matière, n'est pas frileux. Quand on parle football, le français aime le " calcio ", ne craint pas le " goal average ", pratique volontiers la " hola " et prononce " buûûût " à la façon des commentateurs mexicains quand ils annoncent " gooool " ! ! ! 
De Lens à Marseille, de Nantes à Lyon, de Montpellier à Saint-Etienne, d'autres France vont s'exprimer et dire, ici, leur solidarité, là, leur goût de la fête, ailleurs, leur plaisir d'accueillir le monde.
Ainsi, quelque part, football et français vont se retrouver pour partager leur ambition formatrice, leur valeur culturelle et leur dimension d'intégration ; toutes choses qu'ils ont en commun avec l'apprentissage d'une langue.

Jacques Pécheur