Adieu, Eric 
On t'aimait bien, tu sais …

Dans la nuit du 12 au 13 juin 1998, un homme tombe à la mer au large du Pays de Galles, et c'est une légende qu'engloutit l'océan. A 66 ans, Eric Tabarly disparaît au creux des flots qu'il chérissait, dont il disait aussi qu'ils étaient " sans pitié ".

Le capitaine de vaisseau issu de l'Ecole navale de Brest connaît la célébrité quand, en 1964, il remporte la victoire dans la transatlantique anglaise en solitaire, à bord de Pen Duick II, et reçoit la Légion d'honneur des mains du général De Gaulle. La France se découvre alors une passion pour le monde de la voile, et des milliers d'enfants s'inscrivent dans les clubs nautiques. Ce visionnaire de l'architecture navale, inventeur du trimaran à hydrofoil et de l'hydroptère, renouvelle son exploit en 1976, à bord du Pen Duick VI. Mais c'est sur son Pen Duick centenaire, mythe à l'égal de la Calyso, qu'il fait son dernier voyage : " la mésange à tête noire " vole toujours au ras de l'eau, poursuit sa course et, impuissante, abandonne le skipper exemplaire, vainqueur de tous les défis maritimes, à son ultime combat.

Cheveux poivre et sel de mer au vent, il portait sur le visage toutes les vagues de l'océan et, au fond des yeux profonds, la simplicité de l'homme authentique.

La France a perdu un héros ; la Bretagne pleure un marin. La France voulait lui faire des funérailles nationales ; dans la rade de Brest, les voiliers à la parade saluent un grand Breton.

Adieu, monsieur Tabarly !

Vos réactions : Françoise Kerrien : kerrien.ciel@cci-brest.fr
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