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La leçon





Mot à mot...

   Bernard Cerquiglini, éminent linguiste et spécialiste reconnu de la langue française, révèle et explique chaque jour sur TV5Monde une curiosité verbale : origine des mots et expressions, accords pièges et orthographes étranges… Il a aussi accepté de régaler de ses explications gourmandes la curiosité des lecteurs du Français dans le monde. Merci Professeur !

Orthographe

"Sans: toujours suivi d'un singulier?"

   Voilà une question récurrente, à laquelle il convient de répondre une bonne fois. Bien des correspondants s'étonnent en effet de rencontrer la préposition « sans » suivie d'un pluriel : un produit vendu sans colorants. Leur étonnement est mathématique : cette préposition signifiant la privation, le manque, l'exclusion, désignant un ensemble vide en somme, il serait étrange de la rencontrer suivie d'un dénombrement pluriel. Quand il n'y a rien, il n'y a rien, et le singulier devrait suffire. La langue toutefois ne répond pas à une règle mathématique, mais à sa propre logique. La préposition sans signifie l'exclusion d'un élément de la langue, dans une visée particulière. Je m'explique. Tout dépend de l'élément de langue que la préposition « sans » cite et révoque. S'il s'agit d'un indénombrable, généralement employé au singulier, ce singulier s'impose : boire sans soif, un pays sans justice. Avec les nombrables, il s'agit de savoir si on les conçoit, pour les nier, au singulier ou au pluriel. Par exemple : « un monde sans cheva »l : on vise le concept d'équidé, usant pour cela d'un singulier abstrait ; « un monde sans chevaux » : on désigne la réalité, multiple, de cet animal. Certains nombrables, enfin, s'emploient généralement au pluriel. C'est donc au pluriel qu'on les exclut : « un vêtement sans manches. » Reprenons l'exemple cité. « Ce produit est sans sucre ajouté » : le singulier s'impose, car on dit du sucre (c'est de l'indénombrable) ; mais il est « sans colorants », car malheureusement ces additifs sont nombreux. Comme vous le voyez, on peut très bien employer le pluriel avec sans ; et notons que cet emploi est subtil. Ah ! que serait un monde sans grammairiens ?

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Expression

 « Se mettre sur son trente et un »

   L'expression « se mettre sur son trente et un » apparaît en français vers 1830 ; elle signifie « revêtir ses plus beaux habits ». Si le sens en est clair, l'origine l'est beaucoup moins, et l'on en est réduit aux conjectures. Des lexicographes la tiennent pour une expression militaire. Certaines troupes cantonnées auraient reçu un supplément d'entretien chaque 31e jour du mois ; on aurait donc une allusion à des festivités exceptionnelles ce jour-là. D'autres pensent au trente-et-un, ancien jeu de cartes où il s'agissait de totaliser 31 points avec trois cartes de la même couleur. « Faire trente et un », c'est donc gagner et par suite fêter son succès. Toutefois, ces deux explications ne rendent pas compte de l'emploi du verbe « se mettre sur ». Or, suivi d'un nom de textile, ce verbe signifie en ancien français « endosser un vêtement ». J'attache donc quelque valeur à une troisième hypothèse, qui part de l'ancien français trentain. Ce terme désignait un drap fin dont la chaîne était composée de trente centaines de fils. On aurait donc dit « se mettre sur son trentain » pour signifier « revêtir son habit le plus luxueux ». Le mot ayant disparu, l'expression aurait été refaite, par étymologie populaire, en « trente et un ». La conjecture est habile. Observons toutefois qu'elle doit supposer l'expression « se mettre sur son trentain », qui ne semble pas attestée ; en outre le terme trentain est sorti de la langue bien avant 1830, quand apparaît notre expression. Il faut donc se contenter d'hypothèses dans un domaine où l'étymologie populaire semble des plus actives. J'en veux pour preuves les expressions « se mettre sur son trente-deux », bien attestée au XXIe siècle, et « se mettre sur son trente-six », laquelle est devenue courante dans le français du Québec. Qui dit mieux ? 

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Lexique

"Biture"

   Le bien joli mot « biture » (l'ivresse, la cuite) ne vient malheureusement pas du domaine vinicole. En effet, bituria, nom d'un cépage romain, ne peut avoir donné biture, le /t/ intervocalique latin ne se maintenant pas en français (vita donne vie). Curieusement, biture provient du vocabulaire maritime. L'ancien norrois biti, « poutre », a donné le mot bitte (avec deux t, s'il vous plaît), pièce cylindrique, fixée verticalement sur le pont d'un navire pour enrouler les amarres. La biture en dérive ; on a d'ailleurs longtemps écrit ce mot avec un double t. Formé à l'aide du suffixe  « -ure », biture désigne la longueur de chaîne, amarrée à la bitte, allongée sur le pont et filant librement avec l'ancre lors du mouillage. D'où une série d'expressions anciennes et techniques : « à toute biture » (« à toute allure », comme une chaîne qui file), « prendre biture » (« allonger la chaîne sur le pont ») et même « prendre une bonne biture » (« prendre une longueur de câble suffisante »). Mais c'est dans un autre emploi que la locution est devenue courante ; elle signifie alors « excès de nourriture, et surtout de boisson ». Elle provient de l'argot des marins, au début du XIXe siècle, et s'étend progressivement à la langue familière. L'origine en est simple. Prendre une biture signifie : « lâcher la chaîne », « mouiller l'ancre », « arriver au port », « faire ripailles », et donc s'en donner tout son soûl ». Ce qui n'est pas sans rappeler une expression voisine, également issue de l'argot des marins. Elle signifie : « aller d'un bord à l'autre, louvoyer, arriver au port » et donc « faire la fête ». Vous la connaissez sans doute, c'est « tirer une bordée. » 

Par Bernard Cerquiglini 


Exercice n°1 : Compréhension écrite

Aide : Lisez tout d’abord l’introduction et répondez à la question suivante:


Question n°1

Quel est le but de cet article ?

Corriger la question

Question n°2

Lisez ensuite l’article intitulé « Sans : toujours au singulier ?» et répondez: Pourquoi l’auteur traite-t-il ce thème ?

Corriger la question

Question n°3

Quel problème pose l’utilisation de « sans » ?

Corriger la question

Question n°4

Dans quel cas peut-on utiliser le singulier après « sans » ?

Corriger la question

Question n°5

Quelle différence existe-t-il entre « un monde sans chevaux » et « un monde sans cheval »

Corriger la question

Question n°6

Pourquoi ne serait-il pas correct d’utiliser le singulier après "sans" dans la phrase « Un vêtement sans manche » ?

Corriger la question

Question n°7

Pourquoi après «sans», le mot «sucre» est-il au singulier, alors que le mot «colorants» est au pluriel ?

Corriger la question

Question n°8

A quelle conclusion arrive l’auteur ?

Corriger la question

 


Exercice n°2 : "Biture"

Aide : Lisez maintenant l’article intitulé « Biture » et répondez aux questions suivantes.


Question n°1

Quelle est la signification du mot « biture » en langue familière aujourd’hui ?

Corriger la question

Question n°2

Pourquoi ce mot ne peut-il pas dériver du nom latin « bituria » ?

Corriger la question

Question n°3

Que désigne une « biture » en langage maritime

Corriger la question

Question n°4

Quelle relation l’étymologiste établit-il entre le fait d’arriver au port et une grande consommation d’alcool pour les marins?

Corriger la question

 

Exercice n°3 : « Se mettre sur son trente-et-un »

Aide : Enfin, lisez l’article intitulé « Se mettre sur son trente-et-un » et répondez aux questions


Question n°1

Connait-on avec certitude l’origine de cette expression ?

Corriger la question

Question n°2

Que signifie cette expression ?

Corriger la question

 

Exercice n°4 : "Se mettre sur son trente-et-un" II

Aide : Attention, pour cette question, parmi les réponses proposées seulement 3 sont correctes


Question n°1

Parmi les 5 origines ci-dessous, quelles sont les 3 hypothèses plausibles présentées dans le texte ?

Corriger la question

 

Exercice n°5 : "Se mettre sur son trente-et-un" III

Aide : Approfondissez votre compréhension en continuant à répondre aux questions


Question n°1

Qu’est-ce qui vient contredire cette explication ?

Corriger la question

Question n°2

Quel rapport existe-t-il entre le nom de tissu «Trentain» et l’expression « trente-et-un »

Corriger la question

Question n°3

Quelle est la conclusion de l’auteur ?

Corriger la question

 

Auteur de l'exercice :



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