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Hackers ou crackers? Hacktivisme ou égoïsme?


La leçon

Hacktivisme ou ...égoïsme ?

Créé en fusionnant les substantifs "hacker" et "activisme", ce "mot-valise" pourrait se définir comme suit: "Fait de mettre au service de convictions politiques contestataires un savoir-faire technologique servant à s'introduire au sein de réseaux, banques de données et serveurs divers, dans le but d'offrir à une cause une visibilité médiatique accrue"

Bien sûr, les opinions sont clairement tranchées et comme souvent les nuances de la langue servent de révélateur: En voici un exemple flagrant…

Je n’accepte pas de payer pour quelque chose que je peux avoir gratuitement.

Je n’accepte pas de payer pour quelque chose qui devrait être gratuit.

Ces deux propositions sont-elles grammaticalement et moralement équivalentes ?

Nous laisserons à chacun le soin de trancher sur le plan moral mais il n’en reste pas moins que les justifications données valent la peine d’être entendues…

Par exemple,selon vous, tous les anciens utilisateurs du site Mégaupload , étaient-ils des hacktivistes ?

Tous ceux qui téléchargent illégalement des contenus peuvent-ils justifier leur conduite en revendiquant un acte d’engagement pour la liberté de l’information ?

Les produits culturels doivent-ils être considérés comme de l’information, et à ce titre bénéficier d’une circulation sans entraves, c’est-à-dire sans que ceux qui en ont produit le contenu n’aient le droit d’exiger une contrepartie financière en retour?

Où se situe la frontière entre la recherche de l’intérêt ou du profit personnel et la défense de la liberté ?

La communauté des acteurs du net cherche aujourd’hui à établir une différence entre "hackers" et "crackers" : Les premiers seraient orientés vers une plus grande liberté d’accès au contenu sur des bases de convictions politiques, tandis que les seconds utiliseraient leurs talents afin d'obtenir illégalement pour leur profit personnel des contenus ou avantages.

Sur le plan pratique, la différence semble encore ténue entre ces deux notions.

De l'utilité d'un "code de la route"...

Prenons maintenant un autre angle d’attaque.

Qu'en est-il de la protection de nos données personnelles?

Internet est-il un milieu si innocent qu’il ne nécessite aucune réglementation ?

Bien qu’un peu simpliste et "tarte à la crème",la métaphore du code de la route rend compte d’une nécessité, celle de la protection personnelle opposée à la conscience du bien pour autrui.

Peu de choses nous gênent tant que nous n’en faisons pas l’expérience douloureuse par nous-même.

Par exemple, un simple geste comme le fait de mettre son clignotant avant de tourner (à la fois marque d’autoprotection et de savoir-vivre) peut nous sembler contraignant, voire inutile... jusqu'à ce que le conducteur qui nous précède oublie de le faire, rendant nécessaire, au mieux une manœuvre d'évitement périlleuse ou un constat à l'amiable au milieu de la chaussée et, au pire, l’intervention d’une ambulance.

"Pas vu, pas pris"... !?

Transposons cet exemple sur le net... Si le fruit de votre travail était détourné puis mis en ligne par toute personne en ayant le désir sans vous prévenir et sans que vous receviez la moindre rémunération …

Ne prendriez-vous pas cela pour du vol ?

Les grandes multinationales du disque sont des requins, ils volent les fans et exploitent les artistes !! C’est, semble-t-il, un fait entendu. Il n’en reste pas moins que les investissements en termes de matériel, de studio d’enregistrement, le savoir-faire technique et humain ainsi que le travail de promotion ont un coût qu’il est impossible d'ignorer.

Et à l'évidence, télécharger illégalement un contenu ne lèse pas uniquement le producteur mais l'artiste lui-même.

Pour faire simple, observons l'équation ci-dessous:

(J'aime un contenu culturel) + (Je le télécharge sans me préoccuper de l'artiste qui l'a produit) = (Je respecte l'artiste)

Cette proposition ne vous semble-t-elle pas légèrement contradictoire?

A l’évidence Internet présente l’avantage de réduire les retombées « visibles » et personnelles de certaines actions, donnant une impression de liberté, voire d’impunité, à l’utilisateur.

A l’inverse, qui ne ressent pas aujourd’hui le besoin de protéger ses données personnelles aussi sûrement que ses possessions matérielles?

Tous des pirates... grâce à la "Pirate Box"

Que penseriez-vous d’une interface qui vous permettrait de vous connecter à Internet où que vous soyez sans laisser aucune trace de votre passage, protégeant ainsi vos informations personnelles mais vous permettant également de télécharger en toute impunité, sans contraintes et sans limites ? "C'est merveilleux"! direz-vous...

Et c’est possible! nous dit David Darts, responsable du département d'art du New York Institute qui a mis au point la "Pirate Box". On peut même trouver le tutoriel pour construire sa propre "Pirate Box", mais nous vous laisserons chercher par vous-même sur le net la recette de cet outil miracle...

Le prix de la liberté

Abordons rapidement un dernier point; internet est-il réellement libre ?

La langue anglaise favorise la confusion entre gratuité et liberté. Ce qui est "free" peut-être, selon le contexte, soit libre soit gratuit. Mais ce que nous trouvons sans coût apparent sur Internet nous est-il offert sans contrepartie ?

«Pour le prix d’une adresse mail » ...

Avez-vous déjà lu cette phrase, ou d'autres du même genre, à la suite d’une offre d’information ou de contenu sur le net ? Cette petite phrase à la tournure subtilement ironique est symptomatique d’une réalité… vos données personnelles valent de l’or, ou du moins ont une valeur marchande suffisamment élevée pour susciter la convoitise de divers annonceurs. Vos goûts, vos historiques d’achats, les sites que vous visitez... s’échangent et se monnayent.

« Et alors » ?! Direz-vous…

Hé bien, si nous filons la métaphore de la route, apprécieriez-vous que tout le monde puisse savoir ce qu’il y a dans votre frigo à partir de la plaque minéralogique de votre véhicule ? Bien sûr, ces informations ne sont pas extrêmement confidentielles...

Néanmoins, et sans tomber dans la théorie du complot, il est légitime de s'interroger sur les possibles dérives d'un réseau sans véritable garde-fou, soumis à la surenchère technologique et à son application débridée.

Et c'est l'occasion pour conclure, de replonger dans nos souvenirs de Bac Philo pour citer la phrase célèbre, et souvent galvaudée, de Rabelais philosophe du XVème siècle..."Science sans conscience n'est que ruine de l'âme"

Nous proposerons ici une version "2.0" un peu simpliste de cette citation: " Surf sans conscience n'est que ruine de l'homme"

Reste à chacun à décider de l'orientation qu'il souhaite donner à son usage du réseau, mais force est de constater que nous ne pouvons plus aujourd'hui nous contenter de "surfer" sans définir, même implicitement, une ligne de conduite personnelle.

N'oubliez pas, votre clavier est un outil...ou une arme, selon l'usage que vous en ferez.

Alors, quel "hacktiviste" serez-vous?


Exercice n°1 : Compréhension

Aide : Trouvez la bonne réponse


Question n°1

Comment définiriez-vous le ton du texte ?

Corriger la question

Question n°2

Qu’est-ce qu’un mot-valise ?

Corriger la question

Question n°3

Selon certains, quelle serait la différence entre un hacker et un cracker ?

Corriger la question

Question n°4

Que signifie la phrase de Rabelais - Science sans conscience n'est que ruine de l'âme - ?

Corriger la question

Question n°5

Selon l’auteur, la différence entre hackers et crackers est-elle très claire aujourd’hui ?

Corriger la question

Question n°6

Que signifie l’expression tarte à la crème ?

Corriger la question

Question n°7

Quelle partie d’un véhicule est désigné par le mot clignotant ?

Corriger la question

 

Auteur de l'exercice :



Nicolas Chatré


Professeur Azurlingua

France
Enseignant pour l'école Azurlingua à Nice et concepteur pédagogique pour le site Bonjour de France. "Apprendre est toujours un voyage... et apprendre une langue est l'assurance de ne jamais voyager seul".

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